Dis-lui
jeudi 2 avril 2026, par
Parfois je te dis rien. Pas parce que j’ai rien envie de dire. Juste ne pas t’envahir de mes paroles, mes pensées, mes préoccupations…
Parfois je te dis que je t’aime. Il a fallu du temps avant que je j’y parvienne. Parce qu’on n’est pas censées s’aimer. S’aimer bien, c’est OK. S’aimer beaucoup, c’est cool. S’aimer, c’est trop. J’ai attendu que tu me connaisses assez pour savoir que je ne sais qu’aimer, sans adverbe ni adjectif.
Je voudrais te dire que je voudrais être là où je ne peux pas être. Dans ta tête quand tu te retrouves seule pour affronter tes peurs, vivre l’effroi et après aussi, endurer la honte. À ton côté, jusqu’en enfer.
Je voudrais te toucher plus souvent, plus longtemps. Mais je sais que c’est pas ton truc. Alors je limite. Sans regret parce qu’on ne peut pas être pareilles et qu’il est difficile de séparer le toucher du partage du toucher.
Certains disent : « La cuisine c’est l’endroit le plus convivial de la maison. ». La preuve, c’est plein pendant les fêtes, même si personne n’y mange plus que dans la pièce d’à côté. Je pense que c’est parce qu’on s’y sent complètement dégagées du rôle qu’on est censées y tenir. Un peu comme lire de la socio dans les chiottes.
Mon langage de l’amour c’est le temps. Impossible à partager, à ralentir, à rejouer. Il n’y a pas de limite au temps que j’aurais envie de passer avec toi.
Mon langage de l’amour, je l’articule avec les yeux, les paupières, lèvres du regard. Ça ne dit rien de ce langage, de sa structure et encore moins de qu’il permettrait d’exprimer. Mais je crois que ça ne dit pas rien, les yeux.