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	<title>Florence Ferucci</title>
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	<description>Quelques r&#233;flexions mises en lignes bien plus qu'un site ou m&#234;me un blog.</description>
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		<title>L&#233;gitime d&#233;fense</title>
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&lt;p&gt;Morale : l'universalisation de la domination &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me le droit bourgeois, d'ordinaire si pr&#233;occup&#233; &#224; d&#233;fendre le monopole d'exercice de la violence qui se dit telle par l'&#201;tat, reconnait qu'il existe une autre violence l&#233;gitime. La l&#233;gitime d&#233;fense est le cadre par lequel est reconnu l&#233;gitime le recours &#224; la violence par une victime, pour peu que cette violence soit proportionn&#233;e et ne vise qu'&#224; soustraire la victime &#224; la violence qui lui est faite, non &#224; en exercer une autre, en repr&#233;sailles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://flaz.quickup.org/+-oppression-+" rel="tag"&gt;oppression&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Morale : l'universalisation de la domination&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me le droit bourgeois, d'ordinaire si pr&#233;occup&#233; &#224; d&#233;fendre le monopole d'exercice de la &lt;i&gt;violence qui se dit telle&lt;/i&gt; par l'&#201;tat, reconnait qu'il existe une autre violence l&#233;gitime. La l&#233;gitime d&#233;fense est le cadre par lequel est reconnu l&#233;gitime le recours &#224; la violence par une victime, pour peu que cette violence soit proportionn&#233;e et ne vise qu'&#224; soustraire la victime &#224; la violence qui lui est faite, non &#224; en exercer une autre, en repr&#233;sailles par exemple, sens&#233;es rester un monopole de l'&#201;tat. Est ainsi reconnu ce qui devrait sembler une &#233;vidence &#224; touTEs, &#224; savoir qu'on ne peut mettre toutes les violences sur le m&#234;me plan. Il ne s'agit pas de pr&#233;tendre na&#239;vement qu'une violence serait moins violente qu'une autre. Il s'agit, tout au contraire, d'affirmer qu'on ne peut appr&#233;cier ces violences du point de vue de la violence. Il faut s'en extraire, adopter un autre point de vue qui permette de concilier la pr&#233;servation des personnes et de la vie sociale. C'est de ce point de vue que l'on est &#224; m&#234;me de distinguer l'agresseur de la victime mais aussi l'oppresseur de l'opprim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'asym&#233;trie d'appr&#233;ciation &#224; laquelle nous invite la notion de l&#233;gitime d&#233;fense semble largement partag&#233;e. Pourtant, on ne compte plus les bons esprits qui s'&#233;vertuent &#224; brouiller cette distinction fondamentale. Oppresseurs et opprim&#233;s se retrouvent abstraitement plac&#233;s sur un m&#234;me plan et il suffira que des opprim&#233;s montrent quelque vell&#233;it&#233; de r&#233;bellion violente pour que ces bons esprits les rappellent &#224; l'ordre. Au nom d'un relativisme religieux, ils &#233;nonceront que toute violence portant toujours pr&#233;judice &#224; un autre, les opprim&#233;s se retrouvent oppresseurs et sont, par l&#224; m&#234;me, aussi condamnables. Cette proposition est d'une absurdit&#233; sans fond car elle m&#233;lange deux sens des termes &#171; oppresseur &#187; et &#171; opprim&#233; &#187;. D&#233;tailler l'an&#233;antissement de la pens&#233;e auquel conduit ce genre de confusion d&#233;passe le cadre de ce texte. Le premier sens, na&#239;f, est celui o&#249; est catalogu&#233;E &#171; oppresseur &#187; tout personne exer&#231;ant une contrainte &#224; l'&#233;gard d'unE autre et lui causant du tort, de la souffrance. Pour aller rapidement &#224; l'essentiel, unE &#171; oppresseur &#187; ainsi d&#233;finit est unE m&#233;chantE, une personne faisant le mal. Dans le second sens, la notion d'oppression renvoie &#224; un r&#233;gime ou un syst&#232;me d'oppression, socialement et historiquement constitu&#233;. Est alors &#171; oppresseur &#187; tout personne qui participe de l'exercice des pr&#233;rogatives qu'octroie ce r&#233;gime aux unEs, au d&#233;triments des autres [opprim&#233;Es], comme toute personne qui participe de la d&#233;fense de ce r&#233;gime, quels que soient les b&#233;n&#233;fices primaires ou secondaires qu'elle en retire. Le premier sens renvoie &#224; un sens religieux du bien et du mal l&#224; o&#249; le second renvoie &#224; une d&#233;marche visant &#224; rendre le monde intelligible. En nivelant et relativisant, le confusionnisme occulte la r&#233;alit&#233; syst&#233;mique d'un r&#233;gime d'oppression puisqu'il fait l'&#233;conomie de la d&#233;monstration improbable que la violence en r&#233;action &#224; l'oppression serait constitu&#233;e en syst&#232;me et en r&#233;gime politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans m&#234;me parler de la l&#233;gitimit&#233; de la substitution d'un r&#233;gime (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est donc un discours de n&#233;gation et, le plus souvent, un instrument du dispositif id&#233;ologique de d&#233;fense du r&#233;gime d'oppression, par lequel les opprim&#233;Es sont ni&#233;Es en tant que telLEs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Non en tant qu'individus... Toute la nuance est l&#224; !&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d&#233;poss&#233;d&#233;Es de l'objectivation de leurs conditions de vie. Revenant au principe de l&#233;gitime d&#233;fense &#233;voqu&#233; plus haut, le confusionnisme revient non seulement &#224; priver la personne de moyens l&#233;gitimes de pr&#233;server son int&#233;grit&#233; mais encore &#224; nier sa situation de victime.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les espaces de lutte non-mixtes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; n'est pas un orientation sexuelle, c'est un r&#233;gime politique d'oppression ultra-violent au nom duquel sont discrimin&#233;Es, humili&#233;Es, agress&#233;Es, mutil&#233;Es, assassin&#233;Es des millions de personnes, en permanence, tous les jours, sur tous les continents. Lorsque deux personnes vivant en couple, &#224; Paris, en 2006, subissent quatre agressions physiques en dix jours, au seul motif qu'elles sont lesbiennes et ne s'en cachent pas, on mesure &#224; quel point cette ultra-violence impr&#232;gne le quotidien de cit&#233;s que l'on consid&#232;re (&#224; juste titre, c'est bien le pire !) comme beaucoup plus &#171; tol&#233;rantes &#187; que d'autres. Ces formes d&#233;monstratives et explicites de la violence et de l'oppression h&#233;t&#233;rosexuelle s'ajoutent &#224; une accumulation de discriminations qui s'insinuent, par la loi, la norme, la religion, le pouvoir &#233;conomique, dans chaque interstice de la vie sociale. Au travail, dans les relations &#224; l'administration, dans la rue, les transports en commun jusque dans les lieux d&#233;volus &#224; la d&#233;tente, l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; s'impose et impose &#224; touTEs une multitude de contraintes et de limites. Si celleux qui reconnaissent ces normes comme naturelles les subissent comme toutE uneE chacunE, celleux dont la construction psychique et/ou intellectuelle emp&#234;che d'adh&#233;rer &#224; ces normes vivent le rappel permanent &#224; l'ordre h&#233;t&#233;rosexuel comme la simple condition du maintient d'un syst&#232;me coercitif, invasif et intrusif, o&#249; les violences symbolique, psychologique et physique s'exercent et se recombinent de mani&#232;re permanente. Vivre dans ces conditions est &#224; la fois anihilant et &#233;reintant, voire mortel, au sens premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre dans un syst&#232;me h&#233;t&#233;rosexuel dont l'un des ressorts symboliques majeurs est la n&#233;gation de l'existence de ce syst&#232;me - et par l&#224; m&#234;me la n&#233;gation de l'oppression qu'il exerce, ne dispose pas les opprim&#233;Es &#224; se penser comme telLEs ; les oppresseurs l'ont compris depuis des mill&#233;naires, sous tous les r&#233;gimes d'oppression : un opprim&#233; est toujours plus dangereux qu'un malheureux ! Les groupes non-mixtes de femmes se sont pr&#233;cis&#233;ment constitu&#233;s pour cr&#233;er des conditions dans lesquelles des opprim&#233;es pouvaient se soustraire temporairement et partiellement &#224; cette n&#233;gation de leur propre oppression afin de pouvoir approfondir la conscience individuelle et collective qu'elles avaient d'elles-m&#234;mes, des conditions qui leur sont faites et ainsi se saisir de leur destin. Ces groupes non-mixtes ne pr&#233;tendent pas &#234;tre des mod&#232;les de soci&#233;t&#233;. Ils sont des moyens de constitution de sujets politiques, non de soci&#233;t&#233;s s&#233;par&#233;es. Vivement critiqu&#233;s d&#232;s leur cr&#233;ation, il leur est toujours reproch&#233; d'&#234;tre ferm&#233;s aux hommes. Ces critiques, majoritairement - mais non-exclusivement - formul&#233;es par des hommes proc&#232;dent toutes, quelque de soit le niveau de m&#233;ta-raisonnement auquel elles aspirent &#224; se situer, participent de la n&#233;gation de l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; en tant que r&#233;gime politique oppressif. Avant toute discussion, tout d&#233;bat sur ces pratiques, c'est un point qu'il convient de pr&#233;ciser avec la plus grande clart&#233;, faute de quoi on d&#233;bouchera, au mieux, sur un dialogue de sourdEs, le point de vue d'o&#249; l'on parle &#233;tant, sinon, inintelligible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concr&#233;tude de la non-mixit&#233; implique que des activit&#233;s, des lieux soient r&#233;serv&#233;s aux femmes, que les hommes et plus g&#233;n&#233;ralement les non-femmes en soient excluEs. Le simple fait d'&#234;tre excluE de lieux non-mixtes peut &#234;tre v&#233;cue comme une violence, sans que rien ne puisse y &#234;tre object&#233;, chacunE en &#233;tant, au final, la mesure absolue de sa douleur. Toute personne qui tenterait, dans ces lieux et temps sp&#233;cifiques, d'interdire par la force la non-mixit&#233; s'exposerait &#224; la violence explicite des opprim&#233;es. Contester la v&#233;racit&#233; de cette violence exerc&#233;e en retour accule dans un registre normatif pr&#233;tendant imposer ce qui est violent et ce qui ne l'est pas. Il importe avant tout d'affirmer la l&#233;gitimit&#233; de cette violence ; et en second lieu de la ramener &#224; des consid&#233;rations objectivables telles que les risques r&#233;els et constat&#233;s d'exposition &#224; cette violence, les possibilit&#233;s concr&#232;te de s'y soustraire, l'atteinte &#224; l'int&#233;grit&#233; des personnes, les obstacles dress&#233;s &#224; leur construction en tant que sujets... Bref tous les registres o&#249; se mesure concr&#232;tement la diff&#233;rence entre la violence d'un syst&#232;me d'oppression et la violence des opprim&#233;Es contre cette oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces groupes et activit&#233;s non-mixtes ne sont pas le produit direct ni naturel de l'oppression h&#233;t&#233;rosexuelle. Ils sont un des moyens par lesquels les opprim&#233;es r&#233;pondent aux oppresseurs de la violence qui leur est faite. On pourrait objecter, sur le principe, que cette pratique sape les objectifs qu'elle entend servir. Il n'en reste pas moins qu'entre objecter et argumenter il y a un pas ! Quant &#224; savoir si cette r&#233;ponse et la violence qu'elle engendre &#224; l'encontre des hommes est proportionn&#233;e, poser la question manifeste une mauvaise foi, certes explicable, mais avec laquelle quiconque ambitionne de prendre position dans le d&#233;bat d'id&#233;es serait bien inspir&#233;E de rompre. Toute personne dou&#233;e d'un minimum de raison et de m&#233;moire peut s'interroger sur les dix derni&#232;res ann&#233;es de sa vie et lister les situations de discrimination &#224; l'&#233;gard des hommes d&#233;coulant de ces pratiques qu'elle aurait v&#233;cue concr&#232;tement. Sur le m&#234;me mode, elle peut tenter de d&#233;nombrer, au cours d'une seule journ&#233;e, le nombre de situations v&#233;cues o&#249; le syst&#232;me h&#233;t&#233;rosexiste s'est montr&#233; oppressif, discriminant, d&#233;nigrant, humiliant &#224; l'&#233;gard de femmes. Un minimum d'honn&#234;tet&#233; intellectuelle doit suffire &#224; faire la part des choses. CertainEs seront m&#234;me surprises par la violence permanente mise en jeu par le syst&#232;me h&#233;t&#233;rosexiste tant elle peut sembler, en premi&#232;re instance, hors de toute proportion, rapport&#233;e &#224; ses buts. Cette hyper-violence faite de rappels de l'ordre et de rappels &#224; l'ordre n'a rien de gratuite. Elle est rendue n&#233;cessaire par l'&#233;chelle colossale &#224; laquelle s'exerce cette oppression. Il faut garder la proportion des choses !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les lieux de d&#233;tente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si vivre une vie digne passe par la prise en main de son destin et donc de son pr&#233;sent, vivre une vie vivable suppose que l'on puisse se soustraire au r&#233;gime h&#233;t&#233;rosexuel, sans autre motivation que de ne plus en ressentir la pression&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les domin&#233;-e-s sont toujours sur le qui-vive ; ne savent jamais sur quel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S&#233;parer la vie vivable du combat pour une vie digne, comme je le fais ici, n'est pas tout &#224; fait juste. On puisera dans une vie vivable des forces pour d&#233;fendre sa dignit&#233; qui, &#224; son tour, rendra notre vie plus vivable. Toute opprim&#233;E, quels que soient les chemins de conqu&#234;te de sa dignit&#233;, en fait l'exp&#233;rience. Il est n&#233;cessaire et agr&#233;able de vivre des moments apais&#233;s, fussent-ils des parenth&#232;ses. Pourquoi les personnes dont l'orientation sexuelle ou le rapport au genre contrevient aux r&#232;gles archa&#239;ques et oppressives du syst&#232;me h&#233;t&#233;rosexuel devraient-elles &#234;tre priv&#233;es de tels moments, puisque tel est le cas dans les lieux improprement dits &#171; ouverts &#224; touTEs &#187;, c'est-&#224;-dire librement expos&#233;s aux pressions et exclusions h&#233;t&#233;rosexistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bo&#238;tes et les bars de femmes, gays, transp&#233;d&#233;gouines, sont des lieux de d&#233;tente o&#249; la pression h&#233;t&#233;rosexuelle, si elle persiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tant des lieux &#171; en r&#233;action &#187; ils ne peuvent &#234;tre affranchis de l'univers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, perd sa l&#233;gitimit&#233; et l'essentiel de la force que lui conf&#232;re son statut culturel de loi naturelle, ordinaire. Pour modeste qu'il soit, cet objectif ne peut &#234;tre - ne serait-ce qu' - envisag&#233; sans que ces lieux soient prot&#233;g&#233;s de leur environnement. Une fois ce besoin pos&#233;, sa l&#233;gitimit&#233; admise et la n&#233;cessit&#233; d'une traduction pratique &#233;tablie, le d&#233;bat sur les modalit&#233;s de mise en &#339;uvre trouve tout son int&#233;r&#234;t. Car il est vain d'entretenir l'illusion de &#171; d&#233;battre &#187; des modalit&#233;s quand le d&#233;bat (sans guillemets) sur la justification n'est pas tranch&#233;, cette justification partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour les groupes non-mixtes de femmes, il ne manque pas d'esprits &#233;clair&#233;s pour s'insurger contre les discriminations &#171; scandaleuses &#187; constitu&#233;es par la seule existence de bars et bo&#238;tes non-mixtes (femmes, lesbiennes, gays). Les lieux mixtes non-h&#233;t&#233;rosexistes (gays, lesbiennes, transgenres...) h&#233;t&#233;ro-friendly ne sont pas &#233;pargn&#233;s par ces critiques, montrant - si cela &#233;tait n&#233;cessaire - que c'est bien le fait de soustraire quoi que ce soit &#224; la violence de rapport h&#233;t&#233;rosexiste qui est insupportable &#224; celleux qui, pr&#233;cis&#233;ment, nient cette violence. Le fait que les personnes adh&#233;rant &#224; l'h&#233;t&#233;ronorme et ayant des comportements h&#233;t&#233;ronormatifs ne soient pas ma&#238;tresses &#171; chez elles &#187;, c'est-&#224;-dire partout (!), semble intol&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Interdire certaines personnes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;servation des ces outils de lutte et de d&#233;tente n'est possible qu'en d&#233;fendant les non-mixit&#233;s sur lesquelles ils se constituent. Des tenantEs de l'h&#233;t&#233;ronorme se piquant r&#233;guli&#232;rement de rappeler leur ambition d'h&#233;g&#233;monie sur la soci&#233;t&#233;, les personnes partageant ces espaces sont tout aussi r&#233;guli&#232;rement conduitEs &#224; leur en interdire l'acc&#232;s. Les premi&#232;rEs accusent immanquablement les secondEs de s'appuyer sur &#171; l'arbitraire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'op&#232;re, ici, une distinction implicite. En effet, il existe deux grands (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, il convient de souligner l'absolue mauvaise foi de cette accusation. Un espace non-mixte est un espace r&#233;gi par une r&#232;gle de non-mixit&#233;. Les mots ayant un sens, appliquer cette r&#232;gle est tout sauf arbitraire. Si arbitraire il y a, il ne peut naitre que dans la non application de cette r&#232;gle. Mais qu'en est-il des espaces revendiquant un &#171; non-mixit&#233; non exclusive &#187; ? C'est notamment le cas de nombreux espaces-temps festifs ou culturels (par exemple, une soir&#233;e lesbienne &#233;videmment ouverte aux lesbiennes mais aussi, explicitement, &#224; leurs ami-e-s ; ou encore une bo&#238;te gay-lesbienne-transgenre revendiquant d'&#234;tre h&#233;t&#233;ro-friendly). La r&#233;ponse ne peut &#234;tre trouv&#233;e qu'en revenant &#224; la signification politique des espaces non-mixtes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout pinaillage juridico-linguistique sur les termes ferait le lit de l'arbitraire car, voulant donner pour universel ce qui est l'enjeu d'une lutte, il s&#232;merait la confusion entre les fondements de l'exclusion et l'al&#233;a concret de chaque exclusion. Ainsi, lors d'une soir&#233;e lesbienne ouverte, un d&#233;s&#233;quilibre num&#233;rique pourrait l&#233;gitimement conduire &#224; refuser l'entr&#233;e &#224; des hommes ou des couples h&#233;t&#233;ro. Pour la simple raison qu'une soir&#233;e &#171; lesbienne ouverte &#187; est comme son intitul&#233; le pr&#233;cise, une soir&#233;e lesbienne. Dans le cas d'esp&#232;ce, qu'il y ait une part d'arbitraire dans l'&#233;tablissement du seuil qui conduit &#224; refuser l'admission de certaines cat&#233;gories de personnes ne signifie en rien que la conservation du caract&#232;re lesbien de la soir&#233;e soit arbitraire. Les deux questions ne sont pas du m&#234;me ordre ni de la m&#234;me importance. Les niveler et les confondre dans un &#171; arbitraire &#187; indiff&#233;renci&#233; n'est qu''une n&#233;gation de l'oppression des lesbiennes et un acte de r&#233;action contre leurs expressions et leurs luttes, de leurs r&#233;sistances dont ces soir&#233;es sont une forme, une manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique du paravent de l'arbitraire ne peut cependant pas n&#233;gliger la r&#233;affirmation du caract&#232;re non arbitraire de certaines exclusions cibl&#233;es et motiv&#233;es, a priori ou a posteriori. Ainsi, un minimum de d&#233;conditionnement de l'h&#233;t&#233;ronorme rend visibles, comme le nez au milieu du visage, certains comportements h&#233;t&#233;ronormatifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il serait int&#233;ressant d'en construire un catalogue. C'est peut-&#234;tre d&#233;j&#224; fait ?&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et, de ce simple fait, agressifs, irrespectueux des espaces collectifs et des personnes. Par exemple, que fait et que signifie aux autres un couple h&#233;t&#233;ro qui, sur une piste de danse, occupe quatre &#224; dix fois plus d'espace que toutes les autres personnes, h&#233;t&#233;ro ou pas, en couple ou non ? Il affirme un droit sup&#233;rieur &#224; l'espace et signifie que ce droit doit lui &#234;tre reconnu et accord&#233; en ce lieu. Il exprime qu'un lieu h&#233;t&#233;ro-friendly est consid&#233;r&#233; par lui comme un lieu h&#233;t&#233;ro-soumis. Il mart&#232;le qu'un lieu gay ou lesbien h&#233;t&#233;ro-friendly n'est pas consid&#233;r&#233; comme ouvert aux h&#233;t&#233;ros gay-friendly, ou lesbo-friendly, mais ouverts aux h&#233;t&#233;ros en tant que repr&#233;sentants naturels de l'ordre sup&#233;rieur h&#233;t&#233;ronormatif. Il n'y a rien d'arbitraire &#224; exclure ces personnes des espaces non-mixtes ouverts. De m&#234;me qu'il n'y a rien d'arbitraire &#224; refuser l'acc&#232;s &#224; des personnes qui se comportent d&#233;j&#224; de la sorte &#224; l'entr&#233;e d'une soir&#233;e (occupation de l'espace public sonore,visuel ou spacial ; propos h&#233;t&#233;ronormatifs ; comportements sexistes...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Violence &#187;, &#171; arbitraire &#187;, &#171; intol&#233;rance &#187;, les ma&#238;tres et leurs porteurs de plumes ne manquent jamais de mots ni de toupet pour condamner celleux qui r&#233;sistent ou qui luttent contre le syst&#232;me de domination dont les premiers b&#233;n&#233;ficient. Ils exercent un violence permanente, physique et symbolique, individuelle et collective, pratique et institutionnelle dont ils nient l'existence. Lorsqu'ils condamnent de bon c&#339;ur les &#171; exc&#232;s &#187; sexistes, queerphobes ou homophobes ce n'est que pour mieux l&#233;gitimer la violence ordinaire h&#233;t&#233;rosexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques que soient les qualificatifs qu'ils accolent &#224; ces comportements qu'ils daignent r&#233;prouver (excessifs, indignes, inhumains...), n'oublions pas que se sont nos mobilisations, nos r&#233;sistances et nos r&#233;voltes qui les ont faits sortir de l'ordre naturel des choses, de ce qu'hier encore, leurs pr&#233;d&#233;cesseurEs consid&#233;raient comme &#171; ordinaire &#187;. Nous n'oublions pas que leurs pr&#233;d&#233;cessEurs trouvaient d&#233;j&#224; nos luttes infond&#233;es et que les plus condescendantEs d'entre elleux trouvaient que nos pr&#233;decesseurEs etaient excessivEs dans leurs formes de luttes, outranci&#232;rEs dans leurs formes d'expression, excluantEs dans leurs formes d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne nous laissons pas intimider par les le&#231;ons que pr&#233;tendent nous donner ces gendarmes-volontaires de l'ordre h&#233;t&#233;ropatriacal. Ils n'expriment pas des &#171; id&#233;es &#187;, ils conduisent des actions de police politique du genre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sans m&#234;me parler de la l&#233;gitimit&#233; de la substitution d'un r&#233;gime d'oppression &#224; un autre, dans une pens&#233;e politique dynamique et concr&#232;te de d&#233;litement des bases de ces oppressions. Impensable (au sens propre) dans un tel cadre d'obscurantisme, de non-pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Non en tant qu'individus... Toute la nuance est l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les domin&#233;-e-s sont toujours sur le qui-vive ; ne savent jamais sur quel pied danser dans l'interaction quotidienne ; &#224; quoi s'attendre de la part du prochain dominant qui va croiser leur route ; s'il faut se pr&#233;parer au sourire ou &#224; la grimace ; ne savent jamais quand, ni de qui, viendront l'insulte, le m&#233;pris, l'agression. Pis encore, ils ne savent jamais s'ils/elles sont discrimin&#233;-e-s ou non [...] La vie des Autres se d&#233;roule dans l'incertitude permanente sur la bonne fa&#231;on d'interpr&#233;ter chaque interaction, dans un doute permanent et &#233;puisant sur le sens de ce qui est en train de se passer. &#187; Christine Delphy, Classer Dominer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tant des lieux &#171; en r&#233;action &#187; ils ne peuvent &#234;tre affranchis de l'univers dont ils prot&#232;gent. Ils portent n&#233;cessairement des traces (pas l'empreinte !) d'un milieu dont ils constituent une marge mais n'en sont pas abstraits. Ils sont fr&#233;quent&#233;s par des personnes, toutes soumises aux influences du milieu environnant dans lequel elles passent la majeure partie de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'op&#232;re, ici, une distinction implicite. En effet, il existe deux grands types d'exclusion-interdiction et je n'en traite qu'un. Je ne traite pas de l'exclusion qui s'op&#232;re, dans des espaces non-mixtes, &#224; l'encontre de personnes qui adh&#232;rent sans r&#233;serve &#224; la r&#232;gle de non-mixit&#233; en vigueur l&#224; o&#249; elles souhaiteraient &#234;tre admises. Le d&#233;saccord porte alors sur les crit&#232;res de cat&#233;gorisation des personnes qui conduit &#224; les exclure. Je ne traite que de l'exclusion &#224; l'encontre de personnes qui contestent plus ou moins explicitement, avec plus ou moins d'honn&#234;tet&#233; intellectuelle, les r&#232;gles de non-mixit&#233; en vigueur l&#224; o&#249; elles souhaitent acc&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il serait int&#233;ressant d'en construire un catalogue. C'est peut-&#234;tre d&#233;j&#224; fait ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Presque int&#233;gralement r&#233;dig&#233;es en d&#233;cembre 2006, ces notes ont fait l'objet de nombreuses retouches avant d'&#234;tre finalement mises en ligne&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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